vendredi, 27 avril 2007
... quelques grains des "Grains de beautés"
... pour les passantes et passants qui s'arrêteraient par hasard sur ces "instants cléments"...
Pour les passantes et les passants qui auraient un petite faim et un peu de temps, voici quelques grains à se mettre sous la dent...
Extrait des "GRAINS DE BEAUTES et autres minuties d'un collectionneur de mouches " - Ed. Actes Sud -mars 2007 :
" Discrètement, je refermai le carnet sur le secret de midi.
La Marquise me remerciait pour le précieux cadeau. Je tentai un baise main plus tendre. Esquive en emportant le scarabée dans une tabatière de porcelaine. Coup d’œil aigue-marine entre les cils.
Retour à la Pagode. Je transcris le troublant récit. Fébrile.
Front enflammé. Au bas du dessin de midi, je note :
La minuscule Marquise et le grand cerf-volant.
Délicieux voyage en la Vallée des Sages d’ivoire.
Après midi. Etang. Étincelle de la Marquise dans l’œil, encore. Escarbille d’émeraude. Larmes aux yeux. Zérène est embrasé. C’est fait. Front en feu. Je tourne en rond dans le pavillon. Aussi pour apaiser le brasier, j’entreprends, de la berge, une aquarelle sur papier bleu. Le pont de bois verni, écarlate, les serpents de laque dans l’eau, entre les nénuphars, la coulée des carpes. Calme. Les tuiles de la pagode luisantes, frisantes sur fond de ciel d’orage. Juste quelques rehauts de céruse pour le cerisier et les piérides du chou, éclatants, blancs, comme autant de frénétiques billets doux.
La Marquise me remerciait pour le précieux cadeau. Je tentai un baise main plus tendre. Esquive en emportant le scarabée dans une tabatière de porcelaine. Coup d’œil aigue-marine entre les cils.
Retour à la Pagode. Je transcris le troublant récit. Fébrile.
Front enflammé. Au bas du dessin de midi, je note :
La minuscule Marquise et le grand cerf-volant.
Délicieux voyage en la Vallée des Sages d’ivoire.
Après midi. Etang. Étincelle de la Marquise dans l’œil, encore. Escarbille d’émeraude. Larmes aux yeux. Zérène est embrasé. C’est fait. Front en feu. Je tourne en rond dans le pavillon. Aussi pour apaiser le brasier, j’entreprends, de la berge, une aquarelle sur papier bleu. Le pont de bois verni, écarlate, les serpents de laque dans l’eau, entre les nénuphars, la coulée des carpes. Calme. Les tuiles de la pagode luisantes, frisantes sur fond de ciel d’orage. Juste quelques rehauts de céruse pour le cerisier et les piérides du chou, éclatants, blancs, comme autant de frénétiques billets doux.
Tout à coup un jet de rubans fuse du bosquet de bambous. Atterrissage entre mes pieds. Une lettre lestée d’une pierre plate avec flot de satin.
Entre les troncs verts, fuite du palefrenier, fronde à la main. Message cacheté de la Marquise. Je déplie :
« Cher Monsieur Zérène,
L’illustre général Lucanus Cervus, notre lucane, a succombé à 3 heures de trop de beauté tatouée sur ses élytres. La tabatière de porcelaine que je viens de tapisser de pétales de rose sera son mausolée. Votre trésor rejoindra les plus précieuses pièces de mon cabinet de curiosité. Et je vous fais la promesse de le visiter chaque jour.
Votre main tremblait pendant le dîner, cher grand artiste. J’ai deviné quelque voyage en Organdi. Mais, aussi coulée douce que ce me fut, je vous supplie d’être sage, ne voyez-vous pas que je suis encore une veuve fragile, languide, encore tout endeuillée de l’absence de Monsieur des Ailleurs ? "
11:15 Écrit par frédéric clément dans Rayon Grains de beauté(s) | Lien permanent | Commentaires (2) |
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