vendredi, 21 novembre 2014

La Cachotterie ... de nuit ...

 

 

frédéric clément, frederic clement, livres, miniature, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, chat, chapeau, paradisier, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, cachan, bièvre, val de marne, paris, secret, cachotterie | Lien

 

 

...

..

.

Chut !

 

.

 

.

00:57 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, rayon du noir, Rayon éventails, Rayon lumières, Rayon songes, Rayon surprises, rayon suspens, Rayon TEMPS CLÉMENT, rayon temps suspendu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, miniature, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, chat, chapeau, paradisier, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, cachan, bièvre, val de marne, paris, secret, cachotterie | facebook |  Facebook

mardi, 11 novembre 2014

écho de La Cachotterie n°4 : La Cachotterie en perspective ...

 

Ce matin du 11 novembre ...

Le soleil caresse La Cachotterie...

Le lieu en perspective :

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, miniature, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, chat, chapeau, paradisier, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, cachan, bièvre, val de marne, paris, ravel, maurice ravel, facebook | Lien

 

 

La Salle des Machines

en haut...

La Cachotterie

en bas ...

10:40 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, Rayon éventaire, Rayon fleurs, Rayon surprises, Rayon TEMPS CLÉMENT, rayon temps suspendu, Rayon voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, miniature, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, chat, chapeau, paradisier, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, cachan, bièvre, valde marne, paris, ravel, maurice ravel, facebook | lien |  Facebook

mardi, 04 novembre 2014

... écho n°2 de La Cachotterie ...

 frédéric clément, frederic clement, livres, miniature, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, chat, chapeau, paradisier, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, cachan, bièvre, val de marne, paris, ravel, maurice ravel, facebook

 

Depuis quelques jours,

Un autre autre blog a été ouvert consacré

à

La Cachotterie

( http://lacachotterie-fredericlement.blogspirit.com/ )

 

Un blog consacré à ce nouveau lieu, pour l'instant en travaux :

 

La Cachotterie

Galerie d'arts minuscules

qui s'inaugurera avec une première exposition

au printemps 2015

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, miniature, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, chat, chapeau, paradisier, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, cachan, bièvre, val de marne, paris, ravel, maurice ravel, facebook |

 

 

N'hésitez pas à venir prendre des nouvelles des avancées sur ce nouveau blog

( http://lacachotterie-fredericlement.blogspirit.com/ )

... et à vous inscrire à sa newsLetter...

 

clément à vous

 

...

..

.

 

 

 

 

 

10:25 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, rayon du noir, Rayon fleurs, Rayon lumières, Rayon songes, Rayon surprises, rayon suspens, Rayon TEMPS CLÉMENT, rayon temps suspendu, rayon temps suspendu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, miniature, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, chat, chapeau, paradisier, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, cachan, bièvre, valde marne, paris, ravel, maurice ravel, facebook | |  Facebook

lundi, 27 octobre 2014

... écho n°1 de La CACHOTTERIE

 

frederic Clement -CACH FB2.jpgDepuis le 15 octobre, les clefs de

La Cachotterie

Galerie d'Arts Minuscules

sont à mon trousseau

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook | facebook |  Facebook

 

Alors depuis, lavage, brossage, ponçage, dérouillage,

pour son

inauguration-vernissage

au printemps

2015

 

...

S'il vous dit de d'avoir quelques échos des travaux, de loin en loin, voici :

http://lacachotterie-fredericlement.blogspirit.com/

ou sur sur FaceBook

http://www.facebook.com/pages/La-Cachotterie/350385431806992

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook | facebook |  Facebook

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, secret, cachotterie, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook | facebook |  Facebook

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, secret, cachotterie, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook | facebook |  Facebook

...

 

.

 

22:17 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, Rayon éventails, Rayon éventaire, Rayon fleurs, Rayon plumes, Rayon songes, Rayon surprises, rayon suspens, Rayon TEMPS CLÉMENT, rayon temps suspendu | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, secret, cachotterie, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook | facebook | facebook |  Facebook

jeudi, 26 juin 2014

"Le Livre Épuisé" : English translation (12)

 

frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook |  Facebook

Cette traduction restera 30 jours  sur "Instants cléments"

puis sera supprimée après ce temps ...

This translation will stay during only 30 days and will deleted after this time ...

 



THE EXHAUSTED BOOK AND THE CHILD

(temporaly title)

translated by Joel Krakiec & Frederic Clement

from the french text/book

 «LE LIVRE EPUISE»

by

 Frederic Clement






Shattered by storms, starched with salt and spray
it plopped itself down at dawn like a bird of stone
weary with travels, heavy with clouds


Flying upon his eyelids, its shadow woke up the child,
a shadow looking like a dark star.

And by the sound of its fall over the dunes
the child got up against the sunlight
and walked into the wind towards the desert.




The exhausted Book lied down, right there
among the waves of sand created/caused by the crash


The child lifted it up with difficulty,
so heavy its pages with water, salt, shells,
with seaweeds and grass’ scraps.


 Facing the sun, for a long time,
he remained squatting,
the open and panting Book on his knees.


For a long time.






When the sun had drawn the smallest drop from the Book,
when the wind had blown the slightest grain of salt,
then, the Book whispered in its crumpled paper tongue :

«I am an old Book. I am an old and exhausted  picture Book,
smoothed by so many hands that the colors are flaking off
and are leaving on your fingertips silver dust like butterflies,
I am frayed by so many faces
that the grain of my paper is crumbling away
like the sand of your desert.


You will be the one, child of the dunes,
the one who will turn my last page.

Come with me, I shall take you along in the leafy forest of my pictures.

Come ...»






And the child turned the first page...





«Did you see, I showed you the city.

Did you see my majestic city crowned with neon lights ?


My aluminium city
sparkled by electric Milky Ways.


Do you know, child of the dunes, that it is in the mirror of her iron towers
that the moon prefers to powder her nose ?

In the city too, the river, like a slow grass snake,
falls asleep every night along the lamplights,
dreaming about the sea.


See ! See how graceful she is when,
at the first cold and mist of autumn,
her cathedrals are flowing the swallows.

Look, child of the dunes, look ...»






And the child and the wind turned the second page ...




«Certainly, said the child.  It is true that your city is beautiful.
Delightful the moon in the mirrors of towers,
graceful the great grass snake of your spleepy river,
enthralling your cathedrals...

but show me the snow.»

whispered the child of the desert
with his most sweetened voice not to hurt the Book.



«Wait for the time, child.»


Look beyond the dunes at the sheperdess of sources.

The one who bears, engraved in the hollow palms,
the map of the rivers and the smallest brooks.

She draws fresh water tears from every gypsum flower.

She makes gush springs under every thorn bush and dry tree.

And when she opens, at night, her vague coat of waves,
shoals of salmons pink and rainbow trouts
are flowing under the stars.

Come. Put your steps in my steps.
If you look carefully in the flaques of your traces,
you might see, if you lean over a bit,
the great white whales...

Look !»




And the child, the wind and the sand lizard
turned the third page ...




While swipping his forehead with his sleeve
the child said :

«I bathed my face in such fresh springs.
I even dipped my hands in the rainbow of the trouts but ...


...but, show me the snow, Book.»





Screw up your eyes, Child ... Screw up your eyes
because the great thunderstorm-tamer is coming
with his sandstorms and swarms of locusts.



He is walking.

 He is striding back up along the red ants rivers.
He is walking on vipers squeaking
under his feet like dry twigs.



And when he is no more than a point.
A tiny point on the horizon.
He flings handful of fireflies
setting the sky on fire.


Screw up your eyes, Child, mind your face
because I take you for a lightning visit
between the jaws of storm.




And the child, the wind, the sand lizard and the fennec,
 all trembling, turned the fourth page...







... all quivering turned the fifth page ...







With his eyes reddened by storms
and his cheeks blackened with ashes
the child, after he had cleared his throat
still irritated with sulfur and smoke,
told in a sad sorrowful voice :

«You did not show the snow yet.»


And this time, without even listening the Book,
with the wind, the sand lizard, the fennec,
the sparrowhawk and the black scorpion,
he turned the sixth page


As the child was about to turn the seventh page, the book held him back

«Listen ! Child of the dunes, listen to me.

You will find, on the other side of my page,
my most beautiful picture.

Some famous story-spinners weaved from it legends,
embroidered with thin golden thread,
which are still flowing from dusk to dusk.



Pick up your ears, Child,
listen to what the robins
heartily sing in the boughs :






The story of this sleepness king who,
to foil time, every sleepless night,
searched in the moors, walked alongside of the rivers,
went all over the corn-fields and mountains with oak-forest,
seeking for the white deer.

Now, one evening, one misty evening with golden moon,
he caught a glimpse of the deer
in the mirror of a lake.

The deer, calm and as white as ivory, was drinking
Between its legs, perches and tenches were dozing,
and, in its silver antlers, goldfishes were dreaming.

But this evening, this misty evening with a golden moon,
the king did not come back.

Battues were ordered in the moors, alongside of the rivers,
in the corn-fields and mountains with oak-forest.

It was only at dawn under a silver willow tree,
that his doublet as white as ivory
was found sprinkled with white hair.

On the upper broughs,
robins were heartily singing a strange story.

Listen, Child of the dunes, listen and see...»






And the child, and the wind, and the sand lizard, and the fennec,
and the black scorpion, and the sparrowwhawk,
and the locust with its dry twiggy legs, and the beetle
turned the seventh page...





The child had closed his eyes.

A long silvery silence, bordered with willows and poplars,
was still twinkling on his cheeks.

Then the wind, impatient,
bent over his shoulder and whispered in his ears :

«Did you see it ? Did you see the snow ?
Did you it in the moors, alongside of the rivers,
in the corn-fields and mountains with oak-forest ?»




The child did not answer.




A long silvery silence, enchanted by robins, blackbirds and wagtails,
was still waving on his forehead.





Then the wind, which had been smouldering its anger for too long,
slipped under the pages and turned them very quickly.



Quickly the eigth page...





Quicly the ninth page...








A long silvery silence
barely disturbed by the light of a pond,
was stretching in a very sweet smile on the child’s lips.




So, the annoyed wind carried on its game :

It turned, turned, turned,
quicker and quicker,
the pages which were thrashing, lashing and scratching the air
like the wings of a seagull,
like the sails of a schooner fighting against the wind.


Then it became blasts
and blew the Book off,
page by page.



Then it turned itself into a tornado.
And smashed the pages to smithereens.




Then it became a storm and, with its sandy teeth,
reduced the pages to dust and spread it over the skyline
where the sun was setting.




Perhaps because the sun.
Perhaps because the sand...

The child screwed up his eyes tightly
and big tears began to flow on his cheeks.

Perhaps because the sand.
Perhaps because the sun.

A trail of white deers was moving away under his eyelids,
silently, in a long silvery silence.

The child opened his eyes.




The exhausted wind, out of breath and with no more strength left,
was falling asleep at his feet
among a thin and white powder so cold and so white,
that the sparrowwhawk, the fennec, the black scorpion,
the beetle, the locust and the sand lizard were shivering.


The child stood up a long time, gazing at the desert.

A few times, he bursted out laughing in a high pitched
and crystal-clear tone that made some light flakes flutter around him.



But as the night was falling on his shoulders
and because he was a bit cold,
he walked to the village
rolling a huge white ball under the moon.


And the snow was crunching under his footsteps
like a murmur of some glazed paper :



Look !

                                                                                    Look !





 Look at my last page ...

 

 

 

 

...

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, facebook | facebook

 

 

 

 

 

 

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

 

 

 

LE LIVRE ÉPUISÉ 

 (livre anciennement publié aux Ed. Ipomée-Albin Michel)

 
Ereinté d’ouragans, tout empesé de sel et de ciel,
il se laissa tomber à l’aube comme un oiseau de pierre,
harassé de voyages, trempé de nuages.

C’est son ombre qui réveilla l’enfant, son ombre
comme une étoile sombre filant sur ses paupières.

Et c’est au bruit de sa chute derrière les dunes
que l’enfant se leva à contre-jour puis marcha
contre le vent vers le désert.

Le livre épuisé gisait, là, parmi les ondes de sable
provoquées par le choc.

L’enfant le souleva avec peine tant ses pages étaient lourdes d’eau,
de sel, de coquillages, de lambeaux d’algues et d’herbes.

Il resta accroupi longtemps, le livre ouvert et pantelant
posé sur ses genoux, face au soleil.
Longtemps.

Quand le soleil eut fini de boire l’eau du livre,
quand le vent eut léché chaque grain de sel,
le livre dans sa langue de papier froissé chuchota :


« Je suis un livre vieux, un vieux livre d’images fatigué,
lissé par tant de mains que mes couleurs s’écaillent
et laissent sur le bout de vos doigts des paillettes de papillons,
usé par tant de visages que les grains de mon papier s’effritent
comme le sable de ton désert.

C’est toi, enfant des dunes, c’est toi qui tourneras ma dernière page.

Viens, je t’emmène dans la forêt feuillue de mes images.

Viens… »






Et l’enfant tourna la première page…










Tu as vu, je t’ai montré la ville.

Tu as vu comme elle est belle, ma ville couronnée de néon
Ma ville d’aluminium illuminée d’électriques voies lactées.

Sais-tu, enfant des sables, que c’est dans le miroir
de ses tours d’acier que la lune préfère
se repoudrer le nez ?

C’est dans cette ville aussi que chaque nuit
le fleuve comme une grande couleuvre s’endort
le long des réverbères en rêvant à la mer.

Vois, vois comme elle est belle quand aux premiers froids,
 aux premières brumes d’automne,
ses cathédrales suivent les hirondelles.

Regarde, enfant des dunes, regarde… »





Et l’enfant et le vent tournèrent la deuxième page…




Vrai, dit l’enfant, c’est vrai, ta ville est belle.
Belle la lune dans le miroir des tours.
Belle la grande couleuvre de ton fleuve endormi.
Belles tes cathédrales.

Mais, murmura l’enfant du désert de sa plus douce voix
pour ne pas froisser le livre,
montre-moi la neige. »



« Attends le temps, enfant.

Regarde au loin des dunes la bergère des sources.

Celle qui porte gravée dans le creux de ses paumes
la carte des rivières et du moindre ruisseau.

Elle tire des larmes d’eau douce à toutes les roses des sables.
Elle fait jaillir des sources sous chaque buisson d’épines,
chaque arbre sec.

Et quand elle ouvre, le soir, son vague manteau de vagues,
il coule sous les étoiles des bancs de saumons roses
 et des truites arc-en-ciel.

Viens. Mets tes pas dans ses pas.
Si tu regardes bien dans les flaques de ses traces,
Tu peux voir passer, en te penchant un peu,
Les grandes baleines blanches…

Regarde ! »




Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
tournèrent la troisième page…





En s’essuyant le front du revers de sa manche l’enfant dit :


« J’ai baigné mon visage dans les sources fraîches.
J’ai même trempé mes mains dans l’arc-en-ciel des truites
mais…


Mais, Livre, montre-moi la neige. »




« Plisse les yeux, enfant, plisse les yeux car voici
dans la tempête de sable et de sauterelles
le grand dompteur d’orages.

Il marche.

A longues foulées il remonte les fleuves de fourmis rouges.
Il foule les vipères qui craquent sous ses pas comme des sarments secs.

Il marche.

Quand il n’est plus qu’un point,
un minuscule point sur l’horizon, il jette à toutes volées
des poignées de lucioles qui mettent le feu au ciel.


Plisse les yeux, enfant, protège ton visage
Car je t’emmène pour un voyage éclair dans la gueule de l’orage. »


Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
Et le fennec tournèrent en tremblant la quatrième page…




…tournèrent en frémissant la cinquième page…


Les yeux rouges d’orage, les joues noircies de cendres,
l’enfant en se raclant la gorge encore irritée
de soufre et de fumée
déclara un peu triste :

« Tu ne m’as toujours pas montré la neige. »



Et cette fois, sans écouter le livre, avec le vent,
le lézard des sables, le fennec, l’épervier et le noir scorpion,
Il tourna la sixième page…

Comme l’enfant s’apprêtait à tourner la septième page,
Le livre retint son geste.


« Ecoute, enfant des dunes, écoute-moi.

Tu vas découvrir, sur l’autre versant de la page,
ma plus belle image.

De célèbres fileurs de contes en ont tissé
des légendes brodées de fils d’or
qui coulent encore de crépuscule en crépuscule.


Tends l’oreille, enfant, écoute dans les branches ce que chantent
les rouges-gorges à gorge déployée :



L’histoire de ce roi sans sommeil qui, pour tromper le temps,
chaque nuit blanche fouillait les landes,
longeait les rives des rivières, parcourait plaines de blé
et montagnes de chênes à la recherche du cerf blanc.

Or un soir, un soir de lune d’or et de brouillard,
Il aperçut le cerf dans le miroir d’un étang,
Juste l’éclair d’un instant.


Il buvait, calme, blanc d’ivoire.

Entre ses pattes somnolaient des perches et des tanches et, dans ses bois d’argent, rêvaient des poissons rouges.

Or ce soir, ce soir de lune d’or et de brouillard,
Le roi ne rentra pas.


Il fut ordonné des battues dans les landes,
sur les rives des rivières, dans les plaines de blé
et les montagnes de chênes.

Ce n’est qu’au petit jour qu’on retrouva,
au pied d’un saule argenté,
son pourpoint couleur d’ivoire
parsemé de crins blancs.

Sur la plus haute branche, des rouges-gorges chantaient
à gorge déployée une étrange histoire.

Ecoute, enfant des dunes, écoute voir. »


Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
et le fennec et le noir scorpion et l’épervier
et le criquet aux pattes d’herbes sèches et le scarabée
tournèrent la septième page…


L’enfant avait fermé les yeux.

Un long silence d’argent bordé de saules et de peupliers
miroitaient encore sur ses joues.

Alors, penché sur son épaule, le vent, impatient,
Lui souffla dans l’oreille :



« L’as-tu vue ? As-tu vue la neige ?
L’as-tu vue dans les landes, sur les rives des rivières,
dans les plaines de blé, sur les montagnes de chênes ? »


L’enfant ne répondit pas.


Un long silence d’argent enchanté de rouges-gorges,
de merles et de bergeronnettes ondulait encore sur son front.


Alors le vent qui couvait sa colère depuis trop longtemps
se glissa sous les pages et les tourna très vite.








Vite la huitième page…

Vite la neuvième page…



Un long silence d’argent à peine troublé par l’éclair d’un étang
s’étirait en un sourire très doux
sur les lèvres de l’enfant.




Alors le vent irrité continua son manège :


tourna,

    tourna,

tourna de plus en plus vite les pages
qui battaient, bruissaient, brassaient l’air comme les ailes ailes d’un goéland, comme les voiles d’une goélette
à contre-vent.



Puis il se fit rafale.
Il effeuilla le livre page par page.



Puis il se fit tornade.
Et les pages volèrent en mille morceaux.



Puis il se fit tempête.
Et ses dents de sable les réduisit en poussière
qu’il dispersa jusqu’au soleil couchant.

Peut-être à cause du vent.
Peut-être à cause du sable…

L’enfant plissa les yeux très fort
Et de grosses larmes jaillirent.



Peut-être à cause du sable.
Peut-être à cause du vent…


Un sillage de cerfs blancs s’éloignait sous ses paupières,
en silence,
en un long silence d’argent.



L’enfant rouvrit les yeux.



Le vent à bout de force, harassé, essoufflé,
s’endormait à ses pieds dans une fine poudre blanche,
si froide, si blanche
que l’épervier, le fennec, le noir scorpion, le scarabée, le criquet et le lézard des sables tremblaient.



L’enfant resta debout, longtemps, à contempler le désert.



Plusieurs fois, il éclata d’un petit rire aigu,
cristallin qui fit voleter autour de lui
quelques légers flocons.



Mais comme la nuit tombait sur ses épaules,
qu’il avait un peu froid, il marcha vers le village
en roulant sous la lune
une énorme boule blanche.


Et la neige crissait sous ses pas.


Et la neige crissait comme un murmure de papier glacé.


Regarde



Regarde




Regarde ma dernière page…

 

...

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, facebook | facebook

 

 

 

 

 

 

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

.

.

.

 

 

 

 

 

10:48 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, Rayon éventaire, Rayon lumières, rayon parenthèses, Rayon plumes, rayon temps suspendu, rayon temps suspendu, Rayon voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook | facebook |  Facebook

mercredi, 25 juin 2014

"Le Livre Épuisé" : English translation (11)

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, desert, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel,|  Facebook

 

 

THE BUSHED BOOK

 THE BUSHY BOOK

THE  BUSH-BOOK

 

  (temporarily titles)

 

 
Shattered by storms, starched with salt and spray
it plopped itself down at dawn like a bird of stone
weary with travels, heavy with clouds.

 

 
Flying upon his eyelids, its shadow woke up the child,
a shadow looking like a dark star.

 


And by the sound of its fall over the dunes
the child got up against the sunlight
and walked into the wind towards the desert.

 

 

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée samedi 14 juin 2014 )

 

 

 

The blushed Book lied down, right there
among the waves of sand created/caused by the crash


The child lifted it up with difficulty,
so heavy its pages with water, salt, shells,
with seaweeds and grass’ scraps.


 Facing the sun, for a long time,
he remained squatting,
the open and panting Book on his knees.


For a long time.

 

When the sun had drawn the smallest drop from the Book,
when the wind had blown the slightest grain of salt,
then, the Book whispered in its crumpled paper tongue :

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée ce dimanche 15 juin 2014 )

 

 «I am an old Book. I am an old and exhausted  picture Book,
smoothed by so many hands that the colors are flaking off
and are leaving on your fingertips silver dust like butterflies,
I am frayed by so many faces
that the grain of my paper is crumbling away
like the sand of your desert.


You will be the one, child of the dunes,
the one who will turn my last page.

Come with me, I shall take you along in the leafy forest of my pictures.

Come ...»

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  lundi 16 juin 2014 )

 
And the child turned the first page...



«Did you see, I showed you the city.

Did you see my majestic city crowned with neon lights ?


My aluminium city
sparkled by electric Milky Ways.


Do you know, child of the dunes, that it is in the mirror of her iron towers
that the moon prefers to powder her nose ?

In the city too, the river, like a slow grass snake,
falls asleep every night along the lamplights,
dreaming about the sea.


See ! See how graceful she is when,
at the first cold and mist of autumn,
her cathedrals are flowing the swallows.

Look, child of the dunes, look ...»
 

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mardi 17 juin 2014 )

 

And the child and the wind turned the second page ...



«Certainly, said the child.  It is true that your city is beautiful.
Delightful the moon in the mirrors of towers,
graceful the great grass snake of your spleepy river,
enthralling your cathedrals...

but show me the snow.»

whispered the child of the desert
with his most sweetened voice not to hurt the Book.



«Wait for the time, child.»


Look beyond the dunes at the sheperdess of sources.

The one who bears, engraved in the hollow palms,
the map of the rivers and the smallest brooks.

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mercredi 18 juin 2014 )

 
She draws fresh water tears from every gypsum flower.
She makes gush springs under every thorn bush and dry tree.
And when she opens, at night, her vague coat of waves,
shoals of salmons pink and rainbow trouts
are flowing under the stars.

 
Come. Put your steps in my steps.
If you look carefully in the flaques of your traces,
you might see, if you lean over a bit,
the great white whales...

Look !»

And the child, the wind and the
sand lizard
turned the third page ...

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  vendredi 20 juin 2014 )

 

While swipping his forehead with his sleeve
the child said :

«I bathed my face in such fresh springs.
I even dipped my hands in the rainbow of the trouts but ...


...but, show me the snow, Book.»



" Screw up your eyes, Child ... Screw up your eyes
because the great thunderstorm-tamer is coming
with his sandstorms and swarms of locusts.

He is walking.

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  lundi 23 juin 2014 )

 

He is striding back up along the red ants rivers.
He is walking on vipers squeaking
under his feet like dry twigs.

And when he is no more than a point.
A tiny point on the horizon.
He flings handful of fireflies
setting the sky on fire.


Screw up your eyes, Child, mind your face
because I take you for a lightning visit
between the jaws of storm."

 
And the child, the wind, the
sand lizard and the fennec,
 all trembling, turned the fourth page...

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée mardi 24 juin 2014 )

 

... all quivering turned the fifth page ...


With his eyes reddened by storms
and his cheeks blackened with ashes
the child, after he had cleared his throat
still irritated with sulfur and smoke,
told in a sad sorrowful voice :

«You did not show the snow yet.»

 

And this time, without even listening the Book,
with the wind, the
sand lizard, the fennec,
the sparrowhawk and the black scorpion,
he turned the sixth page...

( ci dessous, suite de la traduction travaillée mardi 24 juin 2014 )

 

As the child was about to turn the seventh page, the book held him back

«Listen ! Child of the dunes, listen to me.

You will find, on the other side of my page,
my most beautiful picture.

Some famous story-spinners weaved from it legends,
embroidered with thin golden thread,
which are still flowing from dusk to dusk.

Pick up your ears, Child,
listen to what the robins
heartily sing in the boughs :


The story of this sleepness king who,
to foil time, every sleepless night,
searched in the moors, walked alongside of the rivers,
went all over the corn-fields and mountains with oak-forest,
seeking for the white deer.

Now, one evening, one misty evening with golden moon,
he caught a glimpse of the deer
in the mirror of a lake.

The deer, calm and as white as ivory, was drinking
Between its legs, perches and tenches were dozing,
and, in its silver antlers, goldfishes were dreaming.

But this evening, this misty evening with a golden moon,
the king did not come back.

Battues were ordered in the moors, alongside of the rivers,
in the corn-fields and mountains with oak-forest.

It was only at dawn under a silver willow tree,
that his doublet as white as ivory
was found sprinkled with white hair.

On the upper broughs,
robins were heartily singing a strange story.

Listen, Child of the dunes, listen and see...»

And the child, and the wind, and the sand lizard, and the fennec,
and the black scorpion, and the sparrowwhawk,
and the locust with its dry twiggy legs, and the beetle
turned the seventh page...


The child had closed his eyes.

A long silvery silence, bordered with willows and poplars,
was still twinkling on his cheeks.

Then the wind, impatient,
bent over his shoulder and whispered in his ears :

«Did you see it ? Did you see the snow ?
Did you it in the moors, alongside of the rivers,
in the corn-fields and mountains with oak-forest ?»

The child did not answer.

A long silvery silence, enchanted by robins, blackbirds and wagtails,
was still waving on his forehead.

Then the wind, which had been smouldering its anger for too long,
slipped under the pages and turned them very quickly.

Quickly the eigth page...

Quicly the ninth page...

 

 

LE LIVRE ÉPUISÉ :

 (livre anciennement publié aux Ed. Ipomée-Albin Michel) 

 

 

Éreinté d’ouragans, tout empesé de sel et de ciel,
il se laissa tomber à l’aube comme un oiseau de pierre,
harassé de voyages, trempé de nuages.

C’est son ombre qui réveilla l’enfant, son ombre
comme une étoile sombre filant sur ses paupières.

Et c’est au bruit de sa chute derrière les dunes
que l’enfant se leva à contre-jour puis marcha
contre le vent vers le désert.

 

Le livre épuisé gisait, là, parmi les ondes de sable
provoquées par le choc.

L’enfant le souleva avec peine tant ses pages étaient lourdes d’eau,
de sel, de coquillages, de lambeaux d’algues et d’herbes.

Il resta accroupi longtemps, le livre ouvert et pantelant
posé sur ses genoux, face au soleil.
Longtemps.

Quand le soleil eut fini de boire l’eau du livre,
quand le vent eut léché chaque grain de sel,
le livre dans sa langue de papier froissé chuchota :

 

« Je suis un livre vieux, un vieux livre d’images fatigué,
lissé par tant de mains que mes couleurs s’écaillent
et laissent sur le bout de vos doigts des paillettes de papillons,
usé par tant de visages que les grains de mon papier s’effritent
comme le sable de ton désert.

C’est toi, Enfant des dunes, c’est toi qui tourneras ma dernière page.

Viens, je t’emmène dans la forêt feuillue de mes images.

Viens… »

Et l’enfant tourna la première page…



Tu as vu, je t’ai montré la ville.

Tu as vu comme elle est belle, ma ville couronnée de néons,
ma ville illuminée d’électriques voies lactées.

Sais-tu, Enfant des sables, que c’est dans le miroir
de ses tours d’acier que la lune préfère
se repoudrer le nez ?

C’est dans cette ville aussi que chaque nuit
le fleuve comme une grande couleuvre s’endort
le long des réverbères en rêvant à la mer.


Vois, vois comme elle est belle quand aux premiers froids,
 aux premières brumes d’automne,
ses cathédrales suivent les hirondelles.

Regarde, Enfant des dunes, regarde… »
 

 Et l’enfant et le vent tournèrent la deuxième page…



"Vrai, dit l’enfant ...  C’est vrai, ta ville est belle.
Belle la lune dans le miroir des tours.
Belle la grande couleuvre de ton fleuve endormi.
Belles tes cathédrales.

Mais, murmura l’enfant du désert de sa plus douce voix
pour ne pas froisser le livre,
montre-moi la neige. »



« Attends le temps, Enfant.

Regarde au loin des dunes la bergère des sources.

Celle qui porte gravée dans le creux de ses paumes
la carte des rivières et du moindre ruisseau.

 

 

 Elle tire des larmes d’eau douce à toutes les roses des sables.
Elle fait jaillir des sources sous chaque buisson d’épines,
chaque arbre sec.

Et quand elle ouvre, le soir, son vague manteau de vagues,
il coule sous les étoiles des bancs de saumons roses
 et des truites arc-en-ciel.

Viens. Mets tes pas dans ses pas.
Si tu regardes bien dans les flaques de ses traces,
Tu peux voir passer, en te penchant un peu,
Les grandes baleines blanches…

Regarde ! »




Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
tournèrent la troisième page…

 

En s’essuyant le front du revers de sa manche l’enfant dit :


« J’ai baigné mon visage dans les sources fraîches.
J’ai même trempé mes mains dans l’arc-en-ciel des truites
mais…


Mais, Livre, montre-moi la neige. »

 
« Plisse les yeux, enfant, plisse les yeux car voici
dans la tempête de sable et de sauterelles
le grand dompteur d’orages.

 

Il marche.

 

A longues foulées il remonte les fleuves de fourmis rouges.
Il foule les vipères qui craquent sous ses pas comme des sarments secs.

Il marche.

Quand il n’est plus qu’un point,
un minuscule point sur l’horizon, il jette à toutes volées
des poignées de lucioles qui mettent le feu au ciel.


Plisse les yeux, enfant, protège ton visage
Car je t’emmène pour un voyage éclair dans la gueule de l’orage. »


Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
Et le fennec tournèrent en tremblant la quatrième page…

…tournèrent en frémissant la cinquième page…


Les yeux rouges d’orage, les joues noircies de cendres,
l’enfant en se raclant la gorge encore irritée
de soufre et de fumée
déclara un peu triste :

« Tu ne m’as toujours pas montré la neige. »



Et cette fois, sans écouter le livre, avec le vent,
le lézard des sables, le fennec, l’épervier et le noir scorpion,
Il tourna la sixième page…


Comme l’enfant s’apprêtait à tourner la septième page,
Le livre retint son geste.


« Ecoute, enfant des dunes, écoute-moi.

Tu vas découvrir, sur l’autre versant de la page,
ma plus belle image.

De célèbres fileurs de contes en ont tissé
des légendes brodées de fils d’or
qui coulent encore de crépuscule en crépuscule.


Tends l’oreille, enfant, écoute dans les branches ce que chantent
les rouges-gorges à gorge déployée :


L’histoire de ce roi sans sommeil qui, pour tromper le temps,
chaque nuit blanche fouillait les landes,
longeait les rives des rivières, parcourait plaines de blé
et montagnes de chênes à la recherche du cerf blanc.

Or un soir, un soir de lune d’or et de brouillard,
Il aperçut le cerf dans le miroir d’un étang,
Juste l’éclair d’un instant.


Il buvait, calme, blanc d’ivoire.

Entre ses pattes somnolaient des perches et des tanches

et, dans ses bois d’argent, rêvaient des poissons rouges.

Or ce soir, ce soir de lune d’or et de brouillard,
Le roi ne rentra pas.


Il fut ordonné des battues dans les landes,
sur les rives des rivières, dans les plaines de blé
et les montagnes de chênes.

Ce n’est qu’au petit jour qu’on retrouva,
au pied d’un saule argenté,
son pourpoint couleur d’ivoire
parsemé de crins blancs.

Sur la plus haute branche, des rouges-gorges chantaient
à gorge déployée une étrange histoire.

Ecoute, enfant des dunes, écoute voir. »


Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
et le fennec et le noir scorpion et l’épervier
et le criquet aux pattes d’herbes sèches et le scarabée
tournèrent la septième page…


L’enfant avait fermé les yeux.

Un long silence d’argent bordé de saules et de peupliers
miroitaient encore sur ses joues.

Alors, penché sur son épaule, le vent, impatient,
Lui souffla dans l’oreille :



« L’as-tu vue ? As-tu vue la neige ?
L’as-tu vue dans les landes, sur les rives des rivières,
dans les plaines de blé, sur les montagnes de chênes ? »


L’enfant ne répondit pas.


Un long silence d’argent enchanté de rouges-gorges,
de merles et de bergeronnettes ondulait encore sur son front.


Alors le vent qui couvait sa colère depuis trop longtemps
se glissa sous les pages et les tourna très vite.



Vite la huitième page…

Vite la neuvième page…

...
 

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, facebook | facebook

 

 

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

 

... à suivre 

 .

 

 

09:27 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, Rayon éventaire, Rayon lumières, rayon suspens, rayon temps suspendu, rayon temps suspendu, Rayon voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook |  Facebook

mardi, 24 juin 2014

"Le Livre Épuisé" : English translation (10)

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, Facebook

 

THE BUSHED BOOK

 

  (temporarily title)

 


Shattered by storms, starched with salt and spray
it plopped itself down at dawn like a bird of stone
weary with travels, heavy with clouds.

 
Flying upon his eyelids, its shadow woke up the child,
a shadow looking like a dark star.


And by the sound of its fall over the dunes
the child got up against the sunlight
and walked into the wind towards the desert.

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée samedi 14 juin 2014 )

 

The blushed Book lied down, right there
among the waves of sand created/caused by the crash


The child lifted it up with difficulty,
so heavy its pages with water, salt, shells,
with seaweeds and grass’ scraps.


 Facing the sun, for a long time,
he remained squatting,
the open and panting Book on his knees.


For a long time.



When the sun had drawn the smallest drop from the Book,
when the wind had blown the slightest grain of salt,
then, the Book whispered in its crumpled paper tongue :

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée ce dimanche 15 juin 2014 )

 

 «I am an old Book. I am an old and exhausted  picture Book,
smoothed by so many hands that the colors are flaking off
and are leaving on your fingertips silver dust like butterflies,
I am frayed by so many faces
that the grain of my paper is crumbling away
like the sand of your desert.


You will be the one, child of the dunes,
the one who will turn my last page.

Come with me, I shall take you along in the leafy forest of my pictures.

Come ...»

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  lundi 16 juin 2014 )

 

 
And the child turned the first page...



«Did you see, I showed you the city.

Did you see my majestic city crowned with neon lights ?


My aluminium city
sparkled by electric Milky Ways.


Do you know, child of the dunes, that it is in the mirror of her iron towers
that the moon prefers to powder her nose ?

In the city too, the river, like a slow grass snake,
falls asleep every night along the lamplights,
dreaming about the sea.


See ! See how graceful she is when,
at the first cold and mist of autumn,
her cathedrals are flowing the swallows.

Look, child of the dunes, look ...»
 

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mardi 17 juin 2014 )

 

And the child and the wind turned the second page ...



«Certainly, said the child.  It is true that your city is beautiful.
Delightful the moon in the mirrors of towers,
graceful the great grass snake of your spleepy river,
enthralling your cathedrals...

but show me the snow.»

whispered the child of the desert
with his most sweetened voice not to hurt the Book.



«Wait for the time, child.»


Look beyond the dunes at the sheperdess of sources.

The one who bears, engraved in the hollow palms,
the map of the rivers and the smallest brooks.

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mercredi 18 juin 2014 )

 
She draws fresh water tears from every gypsum flower.
She makes gush springs under every thorn bush and dry tree.
And when she opens, at night, her vague coat of waves,
shoals of salmons pink and rainbow trouts
are flowing under the stars.

 
Come. Put your steps in my steps.
If you look carefully in the flaques of your traces,
you might see, if you lean over a bit,
the great white whales...

Look !»

And the child, the wind and the
sand lizard
turned the third page ...

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  vendredi 20 juin 2014 )

 

While swipping his forehead with his sleeve
the child said :

«I bathed my face in such fresh springs.
I even dipped my hands in the rainbow of the trouts but ...


...but, show me the snow, Book.»



" Screw up your eyes, Child ... Screw up your eyes
because the great thunderstorm-tamer is coming
with his sandstorms and swarms of locusts.

He is walking.

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  lundi 23 juin 2014 )

 

He is striding back up along the red ants rivers.
He is walking on vipers squeaking
under his feet like dry twigs.

And when he is no more than a point.
A tiny point on the horizon.
He flings handful of fireflies
setting the sky on fire.


Screw up your eyes, Child, mind your face
because I take you for a lightning visit
between the jaws of storm."



And the child, the wind, the
sand lizard and the fennec,
 all trembling, turned the fourth page...

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée mardi 24 juin 2014 )

 

... all quivering turned the fifth page ...


With his eyes reddened by storms
and his cheeks blackened with ashes
the child, after he had cleared his throat
still irritated with sulfur and smoke,
told in a sad sorrowful voice :



«You did not show the snow yet.»




And this time, without even listening the Book,
with the wind, the
sand lizard, the fennec,
the sparrowhawk and the black scorpion,
he turned the sixth page...

(to be continued)

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

 

 

LE LIVRE ÉPUISÉ :

 (livre anciennement publié aux Ed. Ipomée-Albin Michel) 

 

 

Éreinté d’ouragans, tout empesé de sel et de ciel,
il se laissa tomber à l’aube comme un oiseau de pierre,
harassé de voyages, trempé de nuages.

C’est son ombre qui réveilla l’enfant, son ombre
comme une étoile sombre filant sur ses paupières.

Et c’est au bruit de sa chute derrière les dunes
que l’enfant se leva à contre-jour puis marcha
contre le vent vers le désert.

 

Le livre épuisé gisait, là, parmi les ondes de sable
provoquées par le choc.

L’enfant le souleva avec peine tant ses pages étaient lourdes d’eau,
de sel, de coquillages, de lambeaux d’algues et d’herbes.

Il resta accroupi longtemps, le livre ouvert et pantelant
posé sur ses genoux, face au soleil.
Longtemps.

Quand le soleil eut fini de boire l’eau du livre,
quand le vent eut léché chaque grain de sel,
le livre dans sa langue de papier froissé chuchota :

 

« Je suis un livre vieux, un vieux livre d’images fatigué,
lissé par tant de mains que mes couleurs s’écaillent
et laissent sur le bout de vos doigts des paillettes de papillons,
usé par tant de visages que les grains de mon papier s’effritent
comme le sable de ton désert.

C’est toi, Enfant des dunes, c’est toi qui tourneras ma dernière page.

Viens, je t’emmène dans la forêt feuillue de mes images.

Viens… »

 

Et l’enfant tourna la première page…



Tu as vu, je t’ai montré la ville.

Tu as vu comme elle est belle, ma ville couronnée de néons,
ma ville illuminée d’électriques voies lactées.

Sais-tu, Enfant des sables, que c’est dans le miroir
de ses tours d’acier que la lune préfère
se repoudrer le nez ?

C’est dans cette ville aussi que chaque nuit
le fleuve comme une grande couleuvre s’endort
le long des réverbères en rêvant à la mer.


Vois, vois comme elle est belle quand aux premiers froids,
 aux premières brumes d’automne,
ses cathédrales suivent les hirondelles.

Regarde, Enfant des dunes, regarde… »
 

 Et l’enfant et le vent tournèrent la deuxième page…



"Vrai, dit l’enfant ...  C’est vrai, ta ville est belle.
Belle la lune dans le miroir des tours.
Belle la grande couleuvre de ton fleuve endormi.
Belles tes cathédrales.

Mais, murmura l’enfant du désert de sa plus douce voix
pour ne pas froisser le livre,
montre-moi la neige. »



« Attends le temps, Enfant.

Regarde au loin des dunes la bergère des sources.

Celle qui porte gravée dans le creux de ses paumes
la carte des rivières et du moindre ruisseau.

 

 

 Elle tire des larmes d’eau douce à toutes les roses des sables.
Elle fait jaillir des sources sous chaque buisson d’épines,
chaque arbre sec.

Et quand elle ouvre, le soir, son vague manteau de vagues,
il coule sous les étoiles des bancs de saumons roses
 et des truites arc-en-ciel.

Viens. Mets tes pas dans ses pas.
Si tu regardes bien dans les flaques de ses traces,
Tu peux voir passer, en te penchant un peu,
Les grandes baleines blanches…

Regarde ! »




Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
tournèrent la troisième page…

 

En s’essuyant le front du revers de sa manche l’enfant dit :


« J’ai baigné mon visage dans les sources fraîches.
J’ai même trempé mes mains dans l’arc-en-ciel des truites
mais…


Mais, Livre, montre-moi la neige. »

 
« Plisse les yeux, enfant, plisse les yeux car voici
dans la tempête de sable et de sauterelles
le grand dompteur d’orages.

 

Il marche.

 

A longues foulées il remonte les fleuves de fourmis rouges.
Il foule les vipères qui craquent sous ses pas comme des sarments secs.

Il marche.

Quand il n’est plus qu’un point,
un minuscule point sur l’horizon, il jette à toutes volées
des poignées de lucioles qui mettent le feu au ciel.


Plisse les yeux, enfant, protège ton visage
Car je t’emmène pour un voyage éclair dans la gueule de l’orage. »


Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
Et le fennec tournèrent en tremblant la quatrième page…

…tournèrent en frémissant la cinquième page…


Les yeux rouges d’orage, les joues noircies de cendres,
l’enfant en se raclant la gorge encore irritée
de soufre et de fumée
déclara un peu triste :

« Tu ne m’as toujours pas montré la neige. »



Et cette fois, sans écouter le livre, avec le vent,
le lézard des sables, le fennec, l’épervier et le noir scorpion,
Il tourna la sixième page…


...
 

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, facebook | facebook

 

 

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

 

... à suivre 

 .

 

 

08:21 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, Rayon éventaire, Rayon lumières, rayon parenthèses, rayon suspens, rayon temps suspendu, rayon temps suspendu, Rayon voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, facebook |  Facebook

lundi, 23 juin 2014

"Le Livre Épuisé" : English translation (9)

frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel,|  Facebook
 

THE BUSHED BOOK 

 

  (temporarily title)

 

 

 


Shattered by storms, starched with salt and spray
it plopped itself down at dawn like a bird of stone
weary with travels, heavy with clouds.

 

 
Flying upon his eyelids, its shadow woke up the child,
a shadow looking like a dark star.

 


And by the sound of its fall over the dunes
the child got up against the sunlight
and walked into the wind towards the desert.

 

 

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée samedi 14 juin 2014 )

 

 

 

The blushed Book lied down, right there
among the waves of sand created/caused by the crash


The child lifted it up with difficulty,
so heavy its pages with water, salt, shells,
with seaweeds and grass’ scraps.


 Facing the sun, for a long time,
he remained squatting,
the open and panting Book on his knees.


For a long time.

 

 

 



When the sun had drawn the smallest drop from the Book,
when the wind had blown the slightest grain of salt,
then, the Book whispered in its crumpled paper tongue :

 

 

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée ce dimanche 15 juin 2014 )

 

 

 

 «I am an old Book. I am an old and exhausted  picture Book,
smoothed by so many hands that the colors are flaking off
and are leaving on your fingertips silver dust like butterflies,
I am frayed by so many faces
that the grain of my paper is crumbling away
like the sand of your desert.


You will be the one, child of the dunes,
the one who will turn my last page.

Come with me, I shall take you along in the leafy forest of my pictures.

Come ...»

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  lundi 16 juin 2014 )

 

 
And the child turned the first page...





«Did you see, I showed you the city.

Did you see my majestic city crowned with neon lights ?


My aluminium city
sparkled by electric Milky Ways.


Do you know, child of the dunes, that it is in the mirror of her iron towers
that the moon prefers to powder her nose ?

In the city too, the river, like a slow grass snake,
falls asleep every night along the lamplights,
dreaming about the sea.


See ! See how graceful she is when,
at the first cold and mist of autumn,
her cathedrals are flowing the swallows.

Look, child of the dunes, look ...»
 

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mardi 17 juin 2014 )

 

 

 

And the child and the wind turned the second page ...



«Certainly, said the child.  It is true that your city is beautiful.
Delightful the moon in the mirrors of towers,
graceful the great grass snake of your spleepy river,
enthralling your cathedrals...

but show me the snow.»

whispered the child of the desert
with his most sweetened voice not to hurt the Book.



«Wait for the time, child.»


Look beyond the dunes at the sheperdess of sources.

The one who bears, engraved in the hollow palms,
the map of the rivers and the smallest brooks.

 

 

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mercredi 18 juin 2014 )

 


She draws fresh water tears from every gypsum flower.
She makes gush springs under every thorn bush and dry tree.
And when she opens, at night, her vague coat of waves,
shoals of salmons pink and rainbow trouts
are flowing under the stars.

 


Come. Put your steps in my steps.
If you look carefully in the flaques of your traces,
you might see, if you lean over a bit,
the great white whales...

Look !»


And the child, the wind and the lizard of the sand
turned the third page ...

 

 

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  vendredi 20 juin 2014 )

 

 

 

While swipping his forehead with his sleeve
the child said :

«I bathed my face in such fresh springs.
I even dipped my hands in the rainbow of the trouts but ...


...but, show me the snow, Book.»





" Screw up your eyes, Child ... Screw up your eyes
because the great thunderstorm-tamer is coming
with his sandstorms and swarms of locusts.

He is walking.

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  lundi 23 juin 2014 )

He is striding back up along the red ants rivers.
He is walking on vipers squeaking
under his feet like dry twigs.

And when he is no more than a point.
A tiny point on the horizon.
He flings handful of fireflies
setting the sky on fire.


Screw up your eyes, Child, mind your face
because I take you for a lightning visit
between the jaws of storm."

 



And the child, the wind, the lizard of the sand and the fennec,
 all trembling, turned the fourth page...

 

(to be continued)

 

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

 

 

 

LE LIVRE ÉPUISÉ :

 

 (livre anciennement publié aux Ed. Ipomée-Albin Michel) 

 

 

 

Éreinté d’ouragans, tout empesé de sel et de ciel,
il se laissa tomber à l’aube comme un oiseau de pierre,
harassé de voyages, trempé de nuages.

C’est son ombre qui réveilla l’enfant, son ombre
comme une étoile sombre filant sur ses paupières.

Et c’est au bruit de sa chute derrière les dunes
que l’enfant se leva à contre-jour puis marcha
contre le vent vers le désert.

 

 

 

Le livre épuisé gisait, là, parmi les ondes de sable
provoquées par le choc.

L’enfant le souleva avec peine tant ses pages étaient lourdes d’eau,
de sel, de coquillages, de lambeaux d’algues et d’herbes.

Il resta accroupi longtemps, le livre ouvert et pantelant
posé sur ses genoux, face au soleil.
Longtemps.

Quand le soleil eut fini de boire l’eau du livre,
quand le vent eut léché chaque grain de sel,
le livre dans sa langue de papier froissé chuchota :

 

 

 

« Je suis un livre vieux, un vieux livre d’images fatigué,
lissé par tant de mains que mes couleurs s’écaillent
et laissent sur le bout de vos doigts des paillettes de papillons,
usé par tant de visages que les grains de mon papier s’effritent
comme le sable de ton désert.

C’est toi, Enfant des dunes, c’est toi qui tourneras ma dernière page.

Viens, je t’emmène dans la forêt feuillue de mes images.

Viens… »

 

Et l’enfant tourna la première page…



Tu as vu, je t’ai montré la ville.

Tu as vu comme elle est belle, ma ville couronnée de néons,
ma ville illuminée d’électriques voies lactées.

Sais-tu, Enfant des sables, que c’est dans le miroir
de ses tours d’acier que la lune préfère
se repoudrer le nez ?

C’est dans cette ville aussi que chaque nuit
le fleuve comme une grande couleuvre s’endort
le long des réverbères en rêvant à la mer.


Vois, vois comme elle est belle quand aux premiers froids,
 aux premières brumes d’automne,
ses cathédrales suivent les hirondelles.

Regarde, Enfant des dunes, regarde… »

 

 Et l’enfant et le vent tournèrent la deuxième page…




"Vrai, dit l’enfant ...  C’est vrai, ta ville est belle.
Belle la lune dans le miroir des tours.
Belle la grande couleuvre de ton fleuve endormi.
Belles tes cathédrales.

Mais, murmura l’enfant du désert de sa plus douce voix
pour ne pas froisser le livre,
montre-moi la neige. »



« Attends le temps, Enfant.

Regarde au loin des dunes la bergère des sources.

Celle qui porte gravée dans le creux de ses paumes
la carte des rivières et du moindre ruisseau.

 

 Elle tire des larmes d’eau douce à toutes les roses des sables.
Elle fait jaillir des sources sous chaque buisson d’épines,
chaque arbre sec.

Et quand elle ouvre, le soir, son vague manteau de vagues,
il coule sous les étoiles des bancs de saumons roses
 et des truites arc-en-ciel.

Viens. Mets tes pas dans ses pas.
Si tu regardes bien dans les flaques de ses traces,
Tu peux voir passer, en te penchant un peu,
Les grandes baleines blanches…

Regarde ! »




Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
tournèrent la troisième page…

 

 

 

 

 

En s’essuyant le front du revers de sa manche l’enfant dit :


« J’ai baigné mon visage dans les sources fraîches.
J’ai même trempé mes mains dans l’arc-en-ciel des truites
mais…


Mais, Livre, montre-moi la neige. »

 


« Plisse les yeux, enfant, plisse les yeux car voici
dans la tempête de sable et de sauterelles
le grand dompteur d’orages.



Il marche.

A longues foulées il remonte les fleuves de fourmis rouges.
Il foule les vipères qui craquent sous ses pas comme des sarments secs.

Il marche.

Quand il n’est plus qu’un point,
un minuscule point sur l’horizon, il jette à toutes volées
des poignées de lucioles qui mettent le feu au ciel.


Plisse les yeux, enfant, protège ton visage
Car je t’emmène pour un voyage éclair dans la gueule de l’orage. »


Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
Et le fennec tournèrent en tremblant la quatrième page…

 

...
 

 

 

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, facebook | facebook

 

 

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

 

 

... à suivre 

 

 

 

.

 

 

14:40 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, Rayon éventaire, Rayon lumières, rayon parenthèses, rayon suspens, Rayon TEMPS CLÉMENT, rayon temps suspendu, rayon temps suspendu, Rayon voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook |  Facebook

vendredi, 20 juin 2014

"Le Livre Épuisé" : English translation (8)

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel,lighthouse, paris, ravel, phare, |  Facebook

 

 

THE BUSHED BOOK 

  (temporarily title)

 


Shattered by storms, starched with salt and spray
it plopped itself down at dawn like a bird of stone
weary with travels, heavy with clouds.

 
Flying upon his eyelids, its shadow woke up the child,
a shadow looking like a dark star.


And by the sound of its fall over the dunes
the child got up against the sunlight
and walked into the wind towards the desert.

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée samedi 14 juin 2014 )

 

The blushed Book lied down, right there
among the waves of sand created/caused by the crash


The child lifted it up with difficulty,
so heavy its pages with water, salt, shells,
with seaweeds and grass’ scraps.


 Facing the sun, for a long time,
he remained squatting,
the open and panting Book on his knees.


For a long time.

 



When the sun had drawn the smallest drop from the Book,
when the wind had blown the slightest grain of salt,
then, the Book whispered in its crumpled paper tongue :

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée ce dimanche 15 juin 2014 )

 

 «I am an old Book. I am an old and exhausted  picture Book,
smoothed by so many hands that the colors are flaking off
and are leaving on your fingertips silver dust like butterflies,
I am frayed by so many faces
that the grain of my paper is crumbling away
like the sand of your desert.


You will be the one, child of the dunes,
the one who will turn my last page.

Come with me, I shall take you along in the leafy forest of my pictures.

Come ...»

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  lundi 16 juin 2014 )

 
And the child turned the first page...





«Did you see, I showed you the city.

Did you see my majestic city crowned with neon lights ?


My aluminium city
sparkled by electric Milky Ways.


Do you know, child of the dunes, that it is in the mirror of her iron towers
that the moon prefers to powder her nose ?

In the city too, the river, like a slow grass snake,
falls asleep every night along the lamplights,
dreaming about the sea.


See ! See how graceful she is when,
at the first cold and mist of autumn,
her cathedrals are flowing the swallows.

Look, child of the dunes, look ...»
 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mardi 17 juin 2014 )

 

And the child and the wind turned the second page ...



«Certainly, said the child.  It is true that your city is beautiful.
Delightful the moon in the mirrors of towers,
graceful the great grass snake of your spleepy river,
enthralling your cathedrals...

but show me the snow.»

whispered the child of the desert
with his most sweetened voice not to hurt the Book.



«Wait for the time, child.»


Look beyond the dunes at the sheperdess of sources.

The one who bears, engraved in the hollow palms,
the map of the rivers and the smallest brooks.

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mercredi 18 juin 2014 )


She draws fresh water tears from every gypsum flower.
She makes gush springs under every thorn bush and dry tree.
And when she opens, at night, her vague coat of waves,
shoals of salmons pink and rainbow trouts
are flowing under the stars.


Come. Put your steps in my steps.
If you look carefully in the flaques of your traces,
you might see, if you lean over a bit,
the great white whales...

Look !»


And the child, the wind and the lizard of the sand
turned the third page ...

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  vendredi 20 juin 2014 )

 

While swipping his forehead with his sleeve
the child said :

«I bathed my face in such fresh springs.
I even dipped my hands in the rainbow of the trouts but ...


...but, show me the snow, Book.»





" Screw up your eyes, Child ... Screw up your eyes
because the great thunderstorm-tamer is coming
with his sandstorms and swarms of locusts.

He is walking."

...
 

(to be continued)

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 .

 

 

 

LE LIVRE ÉPUISÉ :

 (livre anciennement publié aux Ed. Ipomée-Albin Michel) 

 

Éreinté d’ouragans, tout empesé de sel et de ciel,
il se laissa tomber à l’aube comme un oiseau de pierre,
harassé de voyages, trempé de nuages.

C’est son ombre qui réveilla l’enfant, son ombre
comme une étoile sombre filant sur ses paupières.

Et c’est au bruit de sa chute derrière les dunes
que l’enfant se leva à contre-jour puis marcha
contre le vent vers le désert.

 

Le livre épuisé gisait, là, parmi les ondes de sable
provoquées par le choc.

L’enfant le souleva avec peine tant ses pages étaient lourdes d’eau,
de sel, de coquillages, de lambeaux d’algues et d’herbes.

Il resta accroupi longtemps, le livre ouvert et pantelant
posé sur ses genoux, face au soleil.
Longtemps.

Quand le soleil eut fini de boire l’eau du livre,
quand le vent eut léché chaque grain de sel,
le livre dans sa langue de papier froissé chuchota :

 

« Je suis un livre vieux, un vieux livre d’images fatigué,
lissé par tant de mains que mes couleurs s’écaillent
et laissent sur le bout de vos doigts des paillettes de papillons,
usé par tant de visages que les grains de mon papier s’effritent
comme le sable de ton désert.

C’est toi, Enfant des dunes, c’est toi qui tourneras ma dernière page.

Viens, je t’emmène dans la forêt feuillue de mes images.

Viens… »

Et l’enfant tourna la première page…



Tu as vu, je t’ai montré la ville.

Tu as vu comme elle est belle, ma ville couronnée de néons,
ma ville illuminée d’électriques voies lactées.

Sais-tu, Enfant des sables, que c’est dans le miroir
de ses tours d’acier que la lune préfère
se repoudrer le nez ?

C’est dans cette ville aussi que chaque nuit
le fleuve comme une grande couleuvre s’endort
le long des réverbères en rêvant à la mer.


Vois, vois comme elle est belle quand aux premiers froids,
 aux premières brumes d’automne,
ses cathédrales suivent les hirondelles.

Regarde, Enfant des dunes, regarde… »

 Et l’enfant et le vent tournèrent la deuxième page…




"Vrai, dit l’enfant ...  C’est vrai, ta ville est belle.
Belle la lune dans le miroir des tours.
Belle la grande couleuvre de ton fleuve endormi.
Belles tes cathédrales.

Mais, murmura l’enfant du désert de sa plus douce voix
pour ne pas froisser le livre,
montre-moi la neige. »



« Attends le temps, Enfant.

Regarde au loin des dunes la bergère des sources.

Celle qui porte gravée dans le creux de ses paumes
la carte des rivières et du moindre ruisseau.

 Elle tire des larmes d’eau douce à toutes les roses des sables.
Elle fait jaillir des sources sous chaque buisson d’épines,
chaque arbre sec.

Et quand elle ouvre, le soir, son vague manteau de vagues,
il coule sous les étoiles des bancs de saumons roses
 et des truites arc-en-ciel.

Viens. Mets tes pas dans ses pas.
Si tu regardes bien dans les flaques de ses traces,
Tu peux voir passer, en te penchant un peu,
Les grandes baleines blanches…

Regarde ! »




Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
tournèrent la troisième page…

 

 

En s’essuyant le front du revers de sa manche l’enfant dit :


« J’ai baigné mon visage dans les sources fraîches.
J’ai même trempé mes mains dans l’arc-en-ciel des truites
mais…


Mais, Livre, montre-moi la neige. »


« Plisse les yeux, enfant, plisse les yeux car voici
dans la tempête de sable et de sauterelles
le grand dompteur d’orages.

Il marche.

...
 

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, facebook | facebook

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

... à suivre 

 

.

 

14:16 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, Rayon éventaire, Rayon lumières, rayon parenthèses, Rayon songes, Rayon surprises, rayon suspens, rayon temps suspendu, rayon temps suspendu, Rayon voyages | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook | facebook |  Facebook

jeudi, 19 juin 2014

"Le Livre Épuisé" : English translation (7)

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel,|  Facebook

 

THE BUSHED BOOK 

  (temporarily title)

 


Shattered by storms, starched with salt and spray
it plopped itself down at dawn like a bird of stone
weary with travels, heavy with clouds.

 
Flying upon his eyelids, its shadow woke up the child,
a shadow looking like a dark star.


And by the sound of its fall over the dunes
the child got up against the sunlight
and walked into the wind towards the desert.

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée samedi 14 juin 2014 )

 

The blushed Book lied down, right there
among the waves of sand created/caused by the crash


The child lifted it up with difficulty,
so heavy its pages with water, salt, shells,
with seaweeds and grass’ scraps.


 Facing the sun, for a long time,
he remained squatting,
the open and panting Book on his knees.


For a long time.

 



When the sun had drawn the smallest drop from the Book,
when the wind had blown the slightest grain of salt,
then, the Book whispered in its crumpled paper tongue :

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée ce dimanche 15 juin 2014 )

 

 «I am an old Book. I am an old and exhausted  picture Book,
smoothed by so many hands that the colors are flaking off
and are leaving on your fingertips silver dust like butterflies,
I am frayed by so many faces
that the grain of my paper is crumbling away
like the sand of your desert.


You will be the one, child of the dunes,
the one who will turn my last page.

Come with me, I shall take you along in the leafy forest of my pictures.

Come ...»

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  lundi 16 juin 2014 )

 
And the child turned the first page...





«Did you see, I showed you the city.

Did you see my majestic city crowned with neon lights ?


My aluminium city
sparkled by electric Milky Ways.


Do you know, child of the dunes, that it is in the mirror of her iron towers
that the moon prefers to powder her nose ?

In the city too, the river, like a slow grass snake,
falls asleep every night along the lamplights,
dreaming about the sea.


See ! See how graceful she is when,
at the first cold and mist of autumn,
her cathedrals are flowing the swallows.

Look, child of the dunes, look ...»
 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mardi 17 juin 2014 )

 

And the child and the wind turned the second page ...



«Certainly, said the child.  It is true that your city is beautiful.
Delightful the moon in the mirrors of towers,
graceful the great grass snake of your spleepy river,
enthralling your cathedrals...

but show me the snow.»

whispered the child of the desert
with his most sweetened voice not to hurt the Book.



«Wait for the time, child.»


Look beyond the dunes at the sheperdess of sources.

The one who bears, engraved in the hollow palms,
the map of the rivers and the smallest brooks.

 

( ci dessous, suite de la traduction travaillée  mercredi 18 juin 2014 )


She draws fresh water tears from every gypsum flower.
She makes gush springs under every thorn bush and dry tree.
And when she opens, at night, her vague coat of waves,
shoals of salmons pink and rainbow trouts
are flowing under the stars.


Come. Put your steps in my steps.
If you look carefully in the flaques of your traces,
you might see, if you lean over a bit,
the great white whales...

Look !»


And the child, the wind and the lizard of the sand
turned the third page ...

...
 

(to be continued)

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 .

 

 

 

LE LIVRE ÉPUISÉ :

 (livre anciennement publié aux Ed. Ipomée-Albin Michel) 

 

Éreinté d’ouragans, tout empesé de sel et de ciel,
il se laissa tomber à l’aube comme un oiseau de pierre,
harassé de voyages, trempé de nuages.

C’est son ombre qui réveilla l’enfant, son ombre
comme une étoile sombre filant sur ses paupières.

Et c’est au bruit de sa chute derrière les dunes
que l’enfant se leva à contre-jour puis marcha
contre le vent vers le désert.

 

Le livre épuisé gisait, là, parmi les ondes de sable
provoquées par le choc.

L’enfant le souleva avec peine tant ses pages étaient lourdes d’eau,
de sel, de coquillages, de lambeaux d’algues et d’herbes.

Il resta accroupi longtemps, le livre ouvert et pantelant
posé sur ses genoux, face au soleil.
Longtemps.

Quand le soleil eut fini de boire l’eau du livre,
quand le vent eut léché chaque grain de sel,
le livre dans sa langue de papier froissé chuchota :

 

« Je suis un livre vieux, un vieux livre d’images fatigué,
lissé par tant de mains que mes couleurs s’écaillent
et laissent sur le bout de vos doigts des paillettes de papillons,
usé par tant de visages que les grains de mon papier s’effritent
comme le sable de ton désert.

C’est toi, Enfant des dunes, c’est toi qui tourneras ma dernière page.

Viens, je t’emmène dans la forêt feuillue de mes images.

Viens… »

Et l’enfant tourna la première page…



Tu as vu, je t’ai montré la ville.

Tu as vu comme elle est belle, ma ville couronnée de néons,
ma ville illuminée d’électriques voies lactées.

Sais-tu, Enfant des sables, que c’est dans le miroir
de ses tours d’acier que la lune préfère
se repoudrer le nez ?

C’est dans cette ville aussi que chaque nuit
le fleuve comme une grande couleuvre s’endort
le long des réverbères en rêvant à la mer.


Vois, vois comme elle est belle quand aux premiers froids,
 aux premières brumes d’automne,
ses cathédrales suivent les hirondelles.

Regarde, Enfant des dunes, regarde… »

 Et l’enfant et le vent tournèrent la deuxième page…




"Vrai, dit l’enfant ...  C’est vrai, ta ville est belle.
Belle la lune dans le miroir des tours.
Belle la grande couleuvre de ton fleuve endormi.
Belles tes cathédrales.

Mais, murmura l’enfant du désert de sa plus douce voix
pour ne pas froisser le livre,
montre-moi la neige. »



« Attends le temps, Enfant.

Regarde au loin des dunes la bergère des sources.

Celle qui porte gravée dans le creux de ses paumes
la carte des rivières et du moindre ruisseau.

 Elle tire des larmes d’eau douce à toutes les roses des sables.
Elle fait jaillir des sources sous chaque buisson d’épines,
chaque arbre sec.

Et quand elle ouvre, le soir, son vague manteau de vagues,
il coule sous les étoiles des bancs de saumons roses
 et des truites arc-en-ciel.

Viens. Mets tes pas dans ses pas.
Si tu regardes bien dans les flaques de ses traces,
Tu peux voir passer, en te penchant un peu,
Les grandes baleines blanches…

Regarde ! »




Et l’enfant et le vent et le lézard des sables
tournèrent la troisième page…

...
 

 

 frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, facebook | facebook

 

Copyright © Frederic Clement, texte déposé à la SACD

 

... à suivre 

 

.

 

 

 

06:50 Écrit par frédéric clément dans rayon bruits qui courent, Rayon éventaire, Rayon fleurs, Rayon lumières, rayon parenthèses, Rayon plumes, Rayon surprises, rayon suspens, rayon temps suspendu, rayon temps suspendu, Rayon voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric clément, frederic clement, livres, grains de beauté, lubie, fleurs, vanités, paris musée, chat, chapeau, chihiro, paradisier, ovo, cabinet curiosités, ange, naples, napoli, chapelier, plumes, chapellerie, paradis, cirque, circus, botanique, magasin zinzin, jardin, tuileries, fleur, vanité, cabinet de curiosités, breughel, brueghel, paris, ravel, maurice ravel, | facebook |  Facebook